Une comète! une comète! cri effrayant qui bondit de lèvres en lèvres et glace les cœurs.

Mis à nu par l’obscurité qui a succédé à la seconde gerbe, le ciel a dévoilé ses profondeurs, et dans ses abîmes une comète[A].

Fouquet lit son arrêt de mort dans le ciel.

Et Torelli, le magique artificier, l’Italien superstitieux, craignant d’avoir brisé une étoile, suspend un instant ses audacieuses opérations.

Les femmes s'évanouissent.

Et le grand roi, et Louis XIV, à la cour duquel l’astrologie règne encore, sent battre sa poitrine sous son cordon bleu, et ne voulant pas rester plus long-temps dans cette immense obscurité pleine d'évanouissemens et de cris, saisit, lance la torche enflammée.

Vaux, mille arpens de terrain, s’illuminent jusqu’aux dernières branches, jusqu’aux plus hautes feuilles.

—Je ne m’attendais pas à celle-là, dit Gourville.

—Seigneur, ayez pitié de moi! murmura Fouquet.

Louis XIV se tourne vers le surintendant et lui tend la main.