M'appelleront un jour Muse de la patrie!
Lire dans le Cénacle de la Muse française le chapitre que nous avons consacré à Delphine.
[48] Alexandre Guiraud lui écrivait à ce sujet:
«Vous donnez à mes vers la vogue des vôtres, Mademoiselle, et je vous en remercie. Voici encore vingt exemplaires. (Elle avait vendu les premiers.) Vous voyez que j'use largement de votre charité. Soyez la patronne de mes petits Savoyards dans les salons, et vous serez bénie à tous les coins de Paris.» (Lettre inédite.)
[49] La duchesse de Duras lui écrivait:
«C'est à vous qu'on voudrait ressembler, aimable Delphine, mais cela n'est pas facile; il faut vous aimer pour se consoler de vos perfections. Venez donc dîner vendredi, si ce jour convient à madame votre mère; je suis impatiente d'entendre encore cette Quête éloquente, qui va amollir tous les cœurs et ouvrir toutes les bourses. Voulez-vous amener M. Valery! Mille tendres amitiés.» (Lettre inédite.)
[50] On lit dans les Réminiscences de Coulmann, t. I, p. 337:
«Delphine disait de Soumet, un jour qu'elle le défendait contre Casimir Delavigne: «Il ne faut pas savoir ce que c'est que la poésie pour ne pas apprécier Soumet. Ses vers sont frappés au coin de Racine; ils me touchent, ils me parlent au cœur et ne sont pas un vain clinquant. C'est là de la grâce, de la sensibilité vraie; je m'y connais, moi.»
[51] Sur cette Vision de Delphine et sa présentation au roi, nous avons une lettre de Sophie Gay, à Tastu, l'imprimeur:
«Vous êtes, Monsieur, le plus aimable et le plus obligeant du monde, voilà ce que ma fille veut que je vous dise avant tout; mais nous traitons si rarement avec les souverains que nous voudrions être bien sûres de ne pas leur manquer de parole. C'est pourquoi, s'il vous était possible de nous faire remettre l'exemplaire du roi (tout cartonné) dimanche soir, fût-ce à minuit, nous serions plus tranquilles, car il nous faut être à dix heures au château. Pour le public, il sera servi à loisir.