[290] Le petit corps, ramené à Nohant, fut déposé sous le grand if, auprès des restes d'Aurore de Saxe, grand'mère de George Sand.
[291] M. Bethmont, qui défendait Clésinger, avait fait appel du jugement qui confiait à George Sand la garde de sa petite-fille.
[292] Lettre inédite.
[293] Elle l'avait vue pour la dernière fois le 21 mai, et, comme si elle avait eu le pressentiment de sa fin prochaine, Delphine avait abordé devant elle la question de l'au-delà: «Je ne crois pas, lui disait-elle, à aucun mystère et à aucun miracle transmis ou expliqués par les hommes. Tout est mystère et tout est miracle dans le seul fait de la vie et de la mort. Je ne crois pas à une table tournante autant qu'on se l'imagine: ce n'est qu'un instrument qui écrit ce que ma pensée évoque. Je me sens très bien avec Dieu; je ne crois ni au diable ni à l'enfer. Si je n'ai pas la foi, j'ai l'équivalent: j'ai la confiance.»
Mme de Girardin devait penser souvent à la mort, car on a trouvé dans son album, sous ces dates: mars 1841-juillet 1851, les réflexions que voici:
«La mort n'égalise rien: à sa dernière heure, l'homme qui a lâchement vécu n'est pas l'égal de celui qui a vécu noblement. A son dernier soupir, l'homme dont l'existence est douce et belle n'est pas non plus l'égal de celui qui a souffert toujours. Les vertus sont des titres, les souffrances sont des droits. On ne s'améliore pas en vain; on ne souffre pas inutilement. Dieu est un maître équitable qui récompense chacun selon ses œuvres, et surtout selon ses peines. Heureuse l'âme qui a l'intelligence de ses douleurs; pour elle, les larmes ont un langage qu'elle comprend, le désespoir a des promesses qu'elle écoute.
«Oh! qui de nous ne l'a senti, qu'en nous frappant Dieu s'engage et qu'il est de certains chagrins, tourments inouïs, insupportables, horribles, qui le compromettent avec nous pour l'éternité.
«Non, ceux qui auront toujours ignoré ces affreuses peines ne seront pas, au jour du jugement dernier, les égaux de ceux qui les auront connues et dévorées.
«D. GAY DE GIRARDIN.»
(Communiqué par Mme Léonce Détroyat.)