—Charmé de vous trouver ici, monsieur, lui dit Mérigue. Je désirais précisément causer un peu avec vous.

—Bien enchanté, répondit d'Escal avec une amabilité contrainte, maudissant au fond du coeur le passant intempestif qui venait troubler la douce paix de son petit observatoire.

—Vous avez été si gracieux pour moi lors des dernières élections municipales, continua Mérigue, que je ne doute point rencontrer en vous aujourd'hui le même appui et la même bienveillance.

Le vicomte d'Escal fit intérieurement une formidable grimace.

—Vous voulez tenter encore le sort des urnes, répondit-il d'une voix peu encourageante où Jacques lut sans peine l'anxiété du porte-monnaie.

—J'y compte, monsieur.

—C'est très cher, pour le Corps législatif. Le Comité n'est pas riche, vous le savez aussi bien que moi, et, quant à votre serviteur, il est dans une position absolument gênée et presque hors d'état d'acquitter le solde encore impayé des frais énormes entraînés par votre dernière candidature.

Il faut noter que le vicomte d'Escal n'avait pas d'enfant et possédait en revanche cent mille livres de rente en bonnes terres et en bons titres.

Il venait en outre de gagner un lot de cent mille francs au tirage des obligations de la ville de Paris.

Telle était la situation matérielle de l'homme qui affirmait avoir été ruiné par une dépense de cent louis.