—Madame la duchesse, fit-il avec une inclination de tête, je désire vivement que ce ne soit pas une triste communication qui me vaille l'honneur de votre visite.
—Hélas! monsieur le commissaire, nous ne dirigeons pas les événements, nous les subissons; ce que j'ai à vous confier dépasse tout ce que l'imagination peut concevoir. C'est à croire que je rêve et que je me trouve sous l'impression d'un hideux cauchemar.
—Veuillez vous remettre, madame la duchesse, j'occupe une position où je reçois tous les jours de bien terribles confidences, et je vous avouerai que, malheureusement, rien au monde ne saurait m'étonner.
—Vous avez, sans aucun doute, entendu parler de M. Jacques de Mérigue, candidat aux dernières élections municipales?
—Assurément, madame la duchesse.
—Jeune homme d'avenir, plein de talent et d'énergie, doué de facultés oratoires tout à fait remarquables!
—Je sais tout cela, madame la duchesse.
—Eh bien! monsieur le commissaire, ce que vous ne savez pas, ce dont vous ne sauriez vous douter, ce que vous aurez peine à croire, ce qui m'anéantit et me confond... Oh! non! c'est impossible... infâme... inimaginable...
—Achevez, madame.
—M. de Mérigue... est... un misérable... un...