—Et aussi pour dénicher des candidatures parisiennes aux Limousins obscurs.

—D'accord, le fait est brutal.

—Et tu es une brute... Rudement chouette à propos ton discours et je te renouvelle mes compliments.

—C'est heureux.

—Ah! pour une fois... enfin à revoir. Sois sage!... habile et bien peigné.

Le lendemain soir le candidat royaliste, à peu près déguisé en homme du monde, se présentait à l'hôtel Soubise et passait fièrement devant le concierge polychrome qui l'avait naguère éconduit d'une façon si sommaire. Le salon était vide lorsqu'il y fut introduit. Le dîner devait avoir lieu à sept heures et demie et la pendule ne marquait que sept heures et quart, Jacques était arrivé un peu trop tôt. «Sermèze appellerait cela une première gaffe!» se dit-il. Comme il formulait en lui-même cette pensée assez juste une porte s'ouvrit vivement et donna passage à Blanche de Vannes qui traversa l'immense pièce comme un petit ouragan et vint saisir la main de Jacques avant même que remis de son émotion il eût eu le temps de répondre à son geste.

—Il y a plusieurs jours que nous désirions vous voir, Monsieur; vous représentez nos idées d'une façon si entière et si franche... et en outre vous êtes si bon pour ce grand maladroit de Théodore.

—Mademoiselle... put à peine articuler Mérigue totalement foudroyé par cette incisive entrée en matière.

—Asseyez-vous donc, monsieur. Vous devez être harassé avec le double métier que vous remplissez si courageusement, ma mère va venir dans quelques minutes... Théodore ne tardera pas non plus à moins qu'il ne soit dans quelque taverne. Ah! monsieur!... il n'a que dix-sept ans, et déjà il veut faire le jeune homme... hein?...

—Mademoiselle...