—Je ne vais pas jusque-là, rétorqua le curé Roubley.

Le doyen de Saint-Barthélémy poursuivit:

—Je ne puis reprocher à ce candidat que son manque de surface.

—C'est énorme, dit l'abbé Marquiset, notoirement bonapartiste et mondain.

—D'un autre côté, dit l'abbé Vaublanc, nous voyons un homme considérable, universellement connu, honoré et apprécié, très riche...

—Surtout très riche, glissa l'abbé de la Gloire-Dieu.

—Ce qui n'est pas à dédaigner, remarqua l'abbé Roubley.

—Ce qui est une condition sine qua non, pour représenter un quartier comme le nôtre, renchérit l'abbé Marquiset.

—Le baron Grémoli est protestant, dit l'abbé de la Gloire-Dieu. La fortune n'a rien à voir dans la question qui nous occupe. Il nous faut un homme actif, dévoué, intelligent. A égalité de talent et de considération, je vote pour le candidat catholique.

—C'est aller bien vite en besogne, mon cher confrère, reprit l'abbé Roubley avec des caresses dans la voix. En quoi, s'il vous plaît, la nomination de M. de Mérigue augmenterait-elle notre influence dans le monde? Je le juge à sa valeur. C'est un brave garçon, tout à fait dans les bonnes idées, qui lutterait avec intrépidité pour tous les principes qui nous sont chers, qui même, je n'en doute pas, serait prêt, s'il le fallait, à donner son sang pour notre cause... Vous voyez, la Gloire-Dieu, que je vous fais la partie belle, mais, en bonne politique, voyez-vous, j'irais au baron Grémoli, qui nous sera d'autant plus reconnaissant qu'il n'appartient pas à notre sainte religion, et qui est en mesure, par sa situation, de nous rendre les plus grands services. De notre temps, hélas! l'Église a plus besoin de banquiers que de martyrs.