—Et vous n'avez pas voulu me répondre.

—Je ne le pouvais guère en ce moment-là, mademoiselle, mais aujourd'hui... je suis prêt à vous satisfaire.

—Je vous écoute le plus volontiers du monde, monsieur de Mérigue. Votre paraphrase du Satyre était ravissante.

—Il ne s'agit point de littérature, mademoiselle, interrompit Mérigue fiévreusement.

—Dites tout ce que vous voudrez, monsieur. Je suis certaine que vous m'intéresserez.

—Mademoiselle... vous me trouverez peut-être bien audacieux, mais mon ambition est plus grande. Elle va... jusqu'au... désir de vous plaire.

Blanche partit d'un grand éclat de rire bon enfant.

—Mais c'est déjà fait, monsieur. J'aime beaucoup votre conversation—quand vous daignez parler.—Vos opinions littéraires, vos sentiments politiques, votre caractère chevaleresque... enfin, vous me convenez tout à fait, et je veux demander aujourd'hui même à ma mère de prendre trois leçons de littérature par semaine avec vous. Vous me donnerez des devoirs... que vous corrigerez. Vous serez très sévère, vous m'apprendrez à écrire.

Jacques était navré de voir l'entretien dévier sans cesse des sujets intimes vers les questions d'art. Il dit soudain, presque brusquement:

—Mademoiselle, j'ai une confidence à vous faire. M'en accordez-vous la permission?