—Laisse la porte ouverte entre ta chambre et la nôtre: tu entendras tous ses mouvements.

—Viérotschka! supplia Mme Erschoff avant de quitter sa fille, promets-moi que tu vas réfléchir à ce que tu viens de me dire, et que...

—Oui, oui, sois tranquille, je réfléchirai, je te le promets! Je ne fais que ça, ajouta la jeune fille en riant.

«Puisqu’elle promet de réfléchir, se dit la maman en regagnant son lit, c’est qu’elle est toute disposée à renoncer à ses lubies, si quelque échappatoire lui en laisse les moyens... Allons! il est permis d’espérer!»

«Chose singulière que les parents! se disait Viéra de son côté. Maman devrait être la première à approuver ma décision. Que dis-je? à m’en montrer la voie, et c’est un véritable désespoir pour elle que je m’y sois résolue... Heureusement, je-sais-ce-que-je-veux, articula la vaillante presque à haute voix, en détachant chaque syllabe de sa phrase, et pour rien au monde, désormais, ni ma conscience ni ma fermeté ne se laisseront amadouer!»


XI

QUI vive? demanda la voix tout éveillée de Mlle Burdeau lorsque Viéra traversa la chambre commandant le salon, qui était celle de la Française.