“De quoi vivaient-elles?” dit Alice, qui s’intéressait toujours aux questions de boire ou de manger.

“Elles vivaient de mélasse,” dit le Loir, après avoir réfléchi un instant.

“Ce n’est pas possible, comprenez donc,” fit doucement observer Alice; “cela les aurait rendues malades.”

“Et en effet,” dit le Loir, “elles étaient très-malades.”

Alice chercha à se figurer un peu l’effet que produirait sur elle une manière de vivre si extraordinaire, mais cela lui parut trop embarrassant, et elle continua: “Mais pourquoi vivaient-elles au fond d’un puits?”

“Prenez un peu plus de thé,” dit le Lièvre à Alice avec empressement.

“Je n’en ai pas pris du tout,” répondit Alice d’un air offensé. “Je ne peux donc pas en prendre un peu plus.”

“Vous voulez dire que vous ne pouvez pas en prendre moins,” dit le Chapelier. “Il est très-aisé de prendre un peu plus que pas du tout.”

“On ne vous a pas demandé votre avis, à vous,” dit Alice.

“Ah! qui est-ce qui se permet de faire des observations?” demanda le Chapelier d’un air triomphant.