Je prie Votre Excellence de croire à la haute considération que j'ai pour elle.

Signé Kléber.

Pour copie conforme,

Le général de division, chef de l'état-major général de l'armée,

Signé Damas.

(No 6.)

À bord du Tigre devant Jaffa, le 8 janvier 1800.

Le général de division Desaix, et le citoyen Poussielge, contrôleur des défenses de l'armée, et administrateur des finances, au général, en chef Kléber.

Nous vous envoyons, citoyen Général, copie de la réponse de M. Smith, à notre dernière note: elle promet peu; mais, dans l'entretien dont elle a été suivie, nous avons observé que s'il était impossible aux alliés de consentir 1o. à la dissolution de l'alliance; 2o. à la restitution des îles, parce qu'elles sont occupées par les Russes; 3o. à une garantie jusqu'à la paix de nos possessions dans la Méditerranée, toutes propositions pour lesquelles il pourrait être nécessaire d'avoir des ordres des gouvernemens respectifs, il serait également impossible que vous consentissiez à l'évacuation pure et simple, comme on le proposait, sans y être autorisé par le Gouvernement français; que, dans ce cas, il y avait un moyen simple pour terminer tous les débats, c'est d'envoyer chacun de notre côté un courrier à nos Gouvernemens respectifs pour les informer du résultat des conférences, et attendre leurs ordres, que jusque-là et pour un temps déterminé, on suspendrait toute hostilité, si on pouvait y faire consentir le grand-visir, ou que s'il s'y refusait, on continuerait à se battre, sans que cela empêchât l'envoi des courriers.

C'est dans ces dispositions que nous nous sommes rendus devant Ghazah. M. Smith s'est rendu au camp; il y a appris que El-A'rych s'est rendu le 8 nivôse, que le grand-visir y était, qu'il s'était commis, dans la prise de cette place, des atrocités qui lui ôtaient la confiance de nous engager d'aller joindre le grand-visir, quoique le grand-visir fût dans les meilleures dispositions, et que son autorité et celles du pacha eussent été méconnues dans cette occasion. D'après ces considérations, plus détaillées dans la lettre de M. Smith ci-jointe, et dans les instructions à son secrétaire dont nous vous envoyons l'extrait, nous nous sommes décidés à attendre à Jaffa des nouvelles de M. Smith, en l'engageant à s'y rendre avec le reis-effendi. Nous le prions aussi de vous faire connaître directement la réponse qu'il aura à nous faire sur notre dernière note, en sorte que vous pourriez nous faire connaître vos intentions ultérieures.