L'EMPIRE.

Air: Amusez-vous, jeunes fillettes.

L'homme prétend avoir l'empire;
L'homme s'abuse: il est à nous.
Joli minois n'a qu'à sourire,
Notre maître est à nos genoux.
Nous commandons par la tendresse,
C'est un droit qu'Amour nous donna:
Le premier qui dit ma maîtresse,
Fut celui qui nous couronna.(bis.)

L'homme regretta son hommage
Aussitôt qu'il nous l'eut rendu:
Il nous en a laissé l'image;
Mais son orgueil n'a rien perdu;
Il nous cajole, il nous caresse;
Il a toujours l'air de céder;
Il nous appelle sa maîtresse;
Mais c'est pour mieux nous commander.(bis.)

LE DÉPIT

CONTRE LA SAGESSE.

Air: Du réservoir d'amour.

Corinne, ta beauté n'est pas
Ce qui cause ma flamme;
Oui, je résiste à tes appas,
Mais je cède à ton ame:
Je cède à l'esprit d'Apollon,
Aux talents d'Uranie;
Et c'est même un peu ta raison
Qui cause ma folie.(bis.)

En toi, ce qu'on aime le plus,
Fait qu'on se désespère:
En nous montrant moins de vertus,
Tu saurais moins nous plaire.
De toi j'ai reçu le poison,
De toi j'attends la vie:
Corinne, rends-moi ma raison,
Ou bien prends ma folie.(bis.)