LE PRÉJUGÉ VAINCU.
Air: Avec les jeux dans le village.
L'amour inventa l'art de plaire,
Celui de peindre et de chanter.
Daphnis, auprès de sa bergère,
Chanta le premier l'art d'aimer.
Homère, après lui dans la Grèce
Chantant ses vers harmonieux,
Sut apprivoiser la rudesse
De ce peuple de demi-dieux.
Des tyrans les projets superbes
Ont tout mis en combustion;
Soudain je vois relever Thèbes,
Par les doux accords d'Amphion.
En Thrace le sensible Orphée
Chante l'amour et ses malheurs;
Sa lyre lui fraye une entrée
Dans le sombre manoir des pleurs.
Le sort, qui d'un cardeur de laine
Avait fait un législateur,
Me donna la force et l'haleine,
Et le talent d'être chanteur.
Modeste au lit tout comme à table,
Je ne cherche point le haut bout,
Croyant qu'il faut pour être aimable
Rester plus couché que debout.
LES MANDATS DE CYTHÈRE.
Au mois de mai 1796, on donna au théâtre de la Cité les Mandats de Cythère. Je fis les couplets suivants qui me firent condamner à une amende de 1000 liv. en mandats, somme que j'acquittai pour 2 liv, 10 s. en argent, au mois de septembre de la même année.
Air: Un jour la petite Lisette.
En France, en Europe, à Cythère,
On veut fabriquer des mandats.
L'amour, en prenant ses ébats,
Disait l'autre jour à sa mère.
Prendront-ils, ne prendront-ils pas?
C'est ce que nous ne savons pas.