«La suite... la suite...
—Oui, c'est tapé, riposte Courapied, têtu comme un Breton, quoique Normand.
«Mais ça dit toujours pas ous qu'est Venise.
—Voyons, continue le Parisien, avec une bonhomie narquoise, où sommes-nous, ici?
—Dans le plein pays des glaces, nom de d'là?
—Juste!
«Eh bien! mon vieux lapin, nous sommes à Venise, puisque Venise est positivement le pays des glaces!»
L'intermède est brusquement coupé par l'apparition d'un iceberg qui se montre en vue du cap Louis-Napoléon. La goélette recule, une fois n'est pas coutume, pour s'abriter derrière les collines de grès rouge, hautes de trois cent cinquante mètres, qui bordent la côte.
L'iceberg, un colosse, dérive lentement et vient s'arrêter au milieu de la baie de Dobbin, bouchant hermétiquement le passage suivi deux heures auparavant par la Gallia.
Le 18, le cap John-Barrow est doublé, puis le cap Norton-Shaw, qui forme la pointe méridionale de la baie de Scoresby.