L'HIVERNAGE AU PAYS DU FROID
[I]
Lumière sans chaleur.—Comment le capitaine veut couper la banquise.—La scie.—Une découverte française.—Transport des forces par l'électricité.—La réversibilité des machines dynamo-électriques.—Organisation de l'appareil.—Les quinze premiers mètres.—En conseil.—Encore la dynamite.—Rudes labeurs.—Fureur d'un Alsacien.—Deux intrus.—Proposition des officiers de la Germania.—Refus formel.
Le jour polaire continue avec sa ténacité obsédante.
A minuit comme à midi, le soleil, que l'on dirait détraqué, tant sa permanence au milieu de l'azur céleste paraît une absurdité, verse des torrents d'éblouissantes lueurs.
Aussi loin que la vue peut s'étendre, tout scintille et flamboie.
Et pourtant, malgré cette incessante projection de lumière, à peine interrompue de loin en loin par la brume, le morne paysage conserve sa lugubre physionomie.
Sous ces ruissellements de clarté, on sent la douloureuse impression d'une chose morte.