—Bah! Fini ou pas, les autres sont toujours pincés.»

Depuis près d'un mois que cet ingrat travail de percement est commencé, les conditions climatériques se sont modifiées avec une rapidité pour ainsi dire foudroyante.

Les nuits, qui d'abord n'étaient qu'un simple crépuscule, s'allongent et l'orbite du soleil s'abaisse visiblement chaque jour sur l'horizon.

Ce n'est déjà plus qu'un astre rougeâtre, clignotant, au disque prodigieusement élargi, qui semble s'élever à regret sur les terres de désolation.

Dans un mois, il n'y aura plus que douze heures de jour, y compris les crépuscules fort longs du matin et du soir, et quand, au 23 septembre, c'est-à-dire dans cinq semaines, le soleil aura dépassé l'équinoxe d'automne, le terrible hiver fera sentir ses douloureuses morsures.

Car, il n'y a pas, là-bas, ces transitions automnales si douces, sous notre zone tempérée.

Le passage du jour sans fin à l'interminable nuit est brutal, violent, sinistre.

La terre, à peine échauffée, se refroidit si vite, que d'épais brouillards flottent lourdement sur la banquise, tant que le soleil n'est pas monté à une certaine hauteur. Parfois il neige, et il gèle chaque nuit.

Tout cela depuis une dizaine de jours seulement, alors que la période de beau temps devrait durer près de trois semaines.

Bref, tout annonce un hiver précoce!