«Tel est, mes braves camarades, le motif pour lequel on vous fait absorber une ration abondante et surtout riche en carbone.

«C'est pour vous permettre de porter en vous cette source constante de chaleur, c'est même pour l'exagérer, en vue des pertes énormes causées par le froid, que vous êtes soumis au régime du cacao, du sucre, du beurre, du lard, des légumes secs, du vin et de l'alcool.

«Cette nécessité de l'existence polaire est même si bien comprise ou sentie par les Esquimaux, que vous les voyez se gorger à satiété d'huile ou de graisse.

—Sans compter, monsieur le docteur, que je préfère, et de beaucoup, pour fabriquer le nommé carbone, votre procédé à celui d'Oûgiouk.

—Eh! mon garçon, sait-on jamais à quelle nécessité on peut se trouver réduit.

«Quant aux condiments comme choux confits, raifort et radis noir, ils doivent vous prémunir contre le scorbut, ainsi que les pastilles au citron.

«Nous en reparlerons plus tard, s'il en est besoin.

«Un mot encore.

«J'ai remarqué chez vous, pendant vos deux expéditions en traîneau, une tendance fâcheuse à vous désaltérer avec de la neige.

«Pardieu! je n'ignore pas que par les grands froids la soif est souvent intolérable.