Les trois coups sacramentels retentissent: Pan!... Pan!... Pan!...
Et soudain apparaissent, au milieu d'un décor de pavillons, les deux champions, Pontac et Bédarrides, appuyés chacun sur un sabre de bois.
—A vous l'honneur!...
—Je n'en ferai rien!...
—Par obéissance!...
Bédarrides, agile comme un singe, se met à asticoter Pontac, qui, solide et trapu comme un bloc, s'entoure de moulinets vertigineux.
Coups de tête et coups de banderole, coups de flanc et coups de manchette se succèdent avec une rapidité inouïe qui n'a d'égale que celle des parades.
Les deux adversaires sont dignes l'un de l'autre, et ils y vont bon jeu bon argent, en hommes qui ne pensent guère à se ménager.
Et les espadons claquent, ronflent, tourbillonnent, à la grande joie du public, très connaisseur, qui n'épargne ni les encouragements ni les bravos.
Bédarrides est fantaisiste, mais Pontac est classique. Le premier s'excite, mais le second demeure imperturbable. Ce que l'un gagne en vitesse, l'autre le récupère en sang-froid.