Nouvel intermède pendant lequel on ne ménage ni les applaudissements, ni les commentaires, ni les toasts variés qui allument encore un peu l'assistance et la rendent singulièrement loquace.

Une fois n'est pas coutume.

Le programme annonce Les Cerises, chantées sans accent par M. Dumas.

Certes le Provençal est doué d'un organe superbe et il expectore la romance avec une magistrale ampleur. Mais ses efforts pour atténuer ce diable d'accent donnent lieu à des effets tellement inattendus, que la langoureuse cantilène devient d'un comique achevé.

On dirait un Auvergnat qui veut singer le Provençal, ou un provençal imitant l'auvergnat.

C'est d'un cocasse inouï, et M. Dumas, qui est de très bonne foi, ne peut s'expliquer son formidable succès d'hilarité.

Maintenant, les Deux Aveugles dont l'audition est impatiemment attendue.

Dumas-Patachon, «pauvre aveugle atteint de cécité et même privé de la lumière», apparaît, et entonne le couplet:

Dans sa pau...vre vi' malhûreuse,
Pour l'aveugle pas de bonheur...

et soudain l'auditoire est pris d'un rire colossal, tordant, inextinguible!