... Il est à peine trois heures après midi. En homme connaissant la valeur du temps, le capitaine s'empresse de mettre en mouvement l'équipage dont chaque homme reçoit une tâche bien définie.

Pour commencer, la chaloupe est enlevée de dessus le pont, et placée sur la banquise. L'hélice et le gouvernail étant retirés, huit hommes s'attellent aux bricoles crochées par son avant et tirent de toutes leurs forces. L'embarcation obéit sans peine et glisse avec facilité sur la couche de neige.

—Bravo! dit le second qui surveille la manœuvre.

«Capitaine! j'avais raison.

«Nous pourrons la traîner avec l'aide des chiens quand elle sera approvisionnée et pourvue de son moteur.

Le moteur, c'est la batterie d'accumulateurs enfermée dans la cale et qui a servi jusqu'alors au transport des forces, et fourni l'éclairage.

Les appareils sont transportés dans la chaloupe et soigneusement arrimés sous le pont mobile recouvrant la partie basse de la coque.

Les armes, la pharmacie, les instruments de navigation, les cartes, quelques volumes traitant des régions polaires, la tente, les fourrures, le tabac, des outils, deux lampes, de l'alcool et quelques provisions de réserve complètent le chargement de la chaloupe.

Comme elle doit transporter, en outre, l'équipage tout entier, sauf incidents ou modifications ultérieures, on a ménagé l'emplacement de façon à éviter l'encombrement.

Pendant que s'accomplissent, avec une hâte fiévreuse tous ces préparatifs, le capitaine a inspecté, du haut du grand mât resté seul debout, l'espace environnant.