En ce moment, il attend patiemment que le digesteur lui fournisse de l'eau de neige pour préparer le thé qui servira de boisson pendant le dîner. Une partie de cette eau sera employée à la cuisson du lard et du pemmican.

Dumas est toujours couvert de son vêtement de travail.

Les camarades ont déjà changé et se trouvent au sec. Le docteur a examiné les mains et surtout les pieds enfin retirés de dessous l'amas de laine et de feutre qui les fait ressembler à des pattes d'éléphant.

Il y a, de-ci de-là, quelques points attaqués de gelure et plus ou moins excoriés. La circulation est rétablie par une friction à la neige, et le bobo pansé à la glycérine. On enfile des bas secs, et par-dessus, les bottes esquimaudes.

Les bas et les bottes en toile, qui ont servi pendant la marche, sont bientôt, ainsi que les pantalons, raides comme de la tôle.

Tout cela est mis à sécher tant bien que mal, plutôt mal que bien dans la tente, à l'exception toutefois des bas, que chaque homme introduit dans son sac à dormir, afin que la chaleur du corps les conserve à peu près souples.

C'est tout un drame pour arriver à sortir du surtout en toile à voile qui a pris la rigidité du bois. Il faut se mettre à trois pour extraire après une pantomime risible pour qui en est témoin, l'homme de cette armure glacée.

—Vrai, foi de matelot! c'est pus pire que de dépiauter un phoque gelé.

Cependant le cuisinier évolue toujours, surveillant le digesteur, cassant du pemmican à coups de hache, ou sciant du lard comme si c'était du bois.

—Est-ce que l'eau bout? demande un Breton.