—Je voudrais me tromper, mais le doute, hélas! ne m'est plus permis.
—C'est une malédiction!
«Je frémis en pensant que tous mes hommes peuvent être maintenant victimes de la contagion!
—Le mal est grand, c'est évident, mais il n'est pas irréparable.
—Fritz guérira, n'est-ce pas?
—Tant qu'il y a de la vie, il y a de la ressource, répond évasivement le docteur.
«D'autre part, il ne faudrait pas confondre épidémie et contagion.
«Le scorbut, en lui-même, n'est pas contagieux, en ce sens qu'il ne se communique pas, comme par exemple le choléra ou le typhus, d'individu à individu.
«Il est épidémique, c'est-à-dire que les hommes soumis aux mêmes causes peuvent le contracter comme aussi l'éviter.
«Il y a, vous le voyez, une nuance essentielle, puisque la maladie ne résulte pas du contact entre individu sain et individu contaminé, mais de causes prédisposantes et déterminantes, comme par exemple le froid, l'alimentation, l'humidité, l'ingestion de neige, etc.