«Si nous étions au Pôle, je ne dis pas.
—Alors, c'est un faux coup de tarière, ou bien un des évents du grand puits artésien par ousque les ingénieurs du commencement du monde ont poussé leurs travaux.
—Moi, dit enfin Michel Elimberri le baleinier, rasséréné par les plaisanteries de ses copains, il me vient une autre idée, mais je ne la dirai que ce soir, parce qu'il faut que je la médite afin de ne pas me faire fiche de moi.
—Dis tout de même, mon brave Michel, interrompt le capitaine de sa voix chaude et sympathique.
«Tu es baleinier depuis longtemps, tu connais bien les glaces, tu es enfin homme d'expérience, parle, mon ami, et sois certain que nul ne se moquera de toi.
—Vous êtes bien bon, capitaine, et voici donc la chose telle qu'elle m'apparaît comme çà, en vrai!
«D'abord, y a une chose pas naturelle, c'est de n'apercevoir aucun poisson, gros ou petit, ni aucun autre habitant des eaux ou des airs.
«Donc, pas d'animaux marins, et pas d'oiseaux pour les manger.
«Donc, en fin finale de manière de dire, y a là, je réitère, une chose pas naturelle et que la mer ousque nous bourlinguons n'est pas la vieille amie du matelot, celle qu'est un monde plus grand, plus beau, plus varié, plus peuplé que n'importe pas quel monde de dessus la terre.
«Comprenez, c'pas, capitaine?