Il agite son shaker comme un casse-tête. Un léger roulis incline le plan des alcools dans les verres :
« Qu’il est doux dans un bar poli
« Fleurant le rhum et la vanille,
« De naviguer vers les Antilles
« Suçant un Abricot Brandy. »
L’HEURE DU COCKTAIL
C’est l’heure sacrée pour tous ceux qui ont passé le Tropique.
La mer est le long du navire d’un noir bleu pareil au ciel de certaines nuits d’été. Elle s’écarte sous l’étrave avec de longs froissements d’écume. A l’horizon, une ceinture de nuages violets et roses. Le couchant transforme une colonne de fumée en une chevelure de bacchante rousse.
Mais qu’importe cette féerie ! Le cocktail attend.
Deux classes — qui fraternisent — les partisans du punch martiniquais, pour la plupart Français, fonctionnaires, et d’une nuance démocratique. Les partisans du cocktail, une aristocratie, des industriels, des « gens bien ».