»Je vous autorise à les publier, si vous pensez que des faits si peu intéressans, écrits avec si peu de soin, puissent trouver place dans la seconde partie des Mémoires que vous venez de faire paraître.
»Lorsque je voulus donner ma démission, j'écrivis à Joséphine, qui en fut aussi étonnée qu'affligée (si je dois croire ce qu'elle eut la bonté de me dire). Aussitôt ma lettre reçue, elle m'envoya chercher par le général Fouller pour m'assurer qu'elle ne voulait pas l'accepter. Plus de quinze jours s'écoulèrent entre celui où ma démission fut donnée et le moment où elle fut acceptée par l'empereur.
»J'ignore si c'est dans l'instant qu'il l'accepta qu'il eut connaissance de ce journal; mais l'expression de congé, employée par l'auteur des Mémoires qui viennent de paraître chez vous, n'en est pas moins inexacte.
»Au reste, j'y attache bien peu d'importance, et je ne rectifie ce fait qu'à cause de cette inexactitude.»
»Recevez, Monsieur, l'assurance de
ma parfaite considération,
La Baronne de V*****.»
L'éditeur sent combien il a de grâces à rendre à madame la baronne de *** pour l'autorisation qu'elle a consenti à lui donner d'associer aux souvenirs de Constant ceux d'une des premières dames du palais de l'impératrice Joséphine. Ces deux publications ainsi faites ensemble ont paru à l'éditeur de nature à se prêter réciproquement du relief. Toutefois, ce n'est point parce qu'il lui aurait semblé piquant de mettre en regard l'une des époques différentes, deux voyages en Angleterre. Elle a vu la cour du prince de Galles, et une régence qui ne manquait pas, sous le rapport des mœurs, de points de comparaison avec la joyeuse régence du duc d'Orléans. Enfin, pendant son second séjour à Londres, madame la baronne *** y a vu tous les scandales du procès et de la mort de la reine Caroline.
Ce simple énoncé suffira sans doute pour mettre le lecteur à même de juger de l'intérêt qu'il doit s'attendre à rencontrer dans les souvenirs de madame la baronne ***.