DE DALMATIE
Tilsitt, le 3 juillet 1807.
au maréchal brune.
Je vous préviens, monsieur le maréchal, qu'il est possible que l'expédition anglaise débarque à Stralsund; l'intention de l'empereur est donc que vous retiriez les troupes qui sont devant Colberg, où vous ne laisserez que les troupes de Nassau et les Polonais. Vous ferez venir les Hollandais, les Bavarois et les Espagnols; vous entrerez en Poméranie, et mettrez le siége devant Stralsund. Vous ferez connaître de nouveau au général Blücher l'armistice conclu avec le roi de Prusse, et par cet armistice les troupes prussiennes ne peuvent rien entreprendre; vous disposerez aussi des Italiens pour renforcer votre armée. Je viens de donner l'ordre au général Rapp de faire partir de suite le 19e et le 23e régiment de chasseurs, et le 19e régiment d'infanterie de ligne, pour se rendre à grandes marches de Dantzig à la hauteur de Colberg, où ces troupes seront à vos ordres. Vous aurez donc soin de leur en envoyer.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que, dans le cas même où les Anglais, apprenant les suites de la bataille de Friedland, ne débarqueraient pas, vous ayez toujours à occuper la Poméranie suédoise. Sa Majesté vous défend d'avoir aucune entrevue avec le roi de Suède, qui ne se trouve point compris dans les armistices conclus entre l'empereur Alexandre et le roi de Prusse. Dans votre proclamation en entrant en Poméranie, vous devez faire connaître que le roi de Suède vous a proposé de trahir votre patrie et votre souverain. Informez-moi, monsieur le maréchal, des dispositions que vous aurez faites.
Tilsitt, le 3 juillet 1807.
au général clarke.
L'empereur, général, ordonne que vous dirigiez le 5e régiment d'infanterie légère, le régiment de dragons italiens et le 14e régiment de chasseurs, sur le lieu où les Anglais auraient débarqué ou pourraient le faire. Il ordonne au maréchal Brune, dans tous les cas, d'occuper la Poméranie. Mettez-vous en correspondance avec lui.
Tilsitt, le 3 juillet 1807.
au général loison.