L'empereur, monseigneur, désire que votre altesse passe elle-même la revue des troupes dont je viens de parler, de manière à s'assurer que l'habillement et l'armement sont en bon état, que les hommes ont deux paires de souliers, leurs bidons et leurs marmites, et qu'ils ne manquent de rien. Votre altesse rendra compte directement à l'empereur de la revue qu'elle passera; de cette manière les cadres des troisièmes bataillons resteront en Italie et recevront les conscrits de 1808 qui vont y arriver; rien ne presse, monseigneur: il n'y aurait qu'une circonstance où votre altesse pourrait faire partir ces troupes sans attendre de nouveaux ordres de l'empereur; ce serait celle où son altesse jugerait que la paix avec les Russes nous laisserait pour le moment maîtres de la mer, et qu'elle prévoirait que dans quelque temps des bâtimens anglais pourraient arriver dans l'Adriatique, et empêcher ces troupes d'aller en Dalmatie.
Tilsitt, le 8 juillet 1807, quatre heures du soir.
au général rapp.
Sa Majesté me charge de vous dire, général, que vous avez eu tort de ne pas conclure avec les habitans de Dantzig. Sa Majesté accorde et approuve tout ce qui a rapport aux observations que vous lui faites.
La ville aura un territoire qui s'étendra à deux lieues autour de son enceinte et elle sera régie comme elle l'était avant sa réunion à la Prusse; enfin il ne pourra être mis aucune espèce de péage depuis Dantzig jusqu'à Varsovie; il faut donc, peu d'heures après avoir reçu cette lettre, conclure votre traité secret, et faire sentir que la ville de Dantzig trouvera en cela des avantages immenses.
Tilsitt, 8 juillet 1807.
au général marmont.
Je vous expédie un courrier général pour vous faire connaître que la paix est faite entre la France et la Russie, et que cette dernière puissance va remettre à notre pouvoir Cattaro.
Vous devez en conséquence faire vos dispositions pour prendre possession de cette place aussitôt que les ordres seront parvenus.
Vous ne devez pas, général, attaquer les Monténégrins, mais au contraire tâcher d'avoir avec eux des intelligences, et de les ramener à nous pour les ranger sous la protection de l'empereur; mais vous sentez que cette démarche doit être faite avec toute la dextérité convenable.