— Ce n’est pas Waterloo.
— Waterloo n’est pas une défaite. C’est une trahison. Il a été trahi.
— Par qui ?
— Par vous.
Cardiette, ahuri, s’arrête.
— Par vous. Tous ceux qui ont vu la guerre au bout de sa guerre se sont trompés. Parce que son génie militaire était complet, vous avez douté qu’il eût d’autre destinée que de se prolonger inévitablement. Et peut-être aujourd’hui ne croyez-vous à la paix issue des batailles que parce que le génie qui prévoit et qui tue vous a manqué.
— Général, je ne vous laisserai pas dire cela… je sais que notre valeur guerrière est la même, mais que l’improvisation nous manque… Je doute aussi que sa présence eût modifié quoi que ce soit à la marche des événements où il faut de purs mathématiciens. La stratégie n’est plus une ode. C’est une équation.
Il hausse les épaules et plus calme, ironique :
— Quant à son rôle de pacificateur…
Le général, qui retombait dans son mutisme coutumier répond, froid et grave :