L'art de la guerre, poème de Frédéric-le-Grand; avec préface, arguments, notes et variantes; suivi de poèmes sur le même sujet. Paris, 1830, in-24, 1 vol.
Projet, rédigé par Robespierre, du rapport fait à la Convention nationale par Saint-Just, contre Fabre d'Églantine, Danton, etc.; manuscrit inédit, publié sur les autographes: avec des notes, des rapprochements et un fac-simile; suivi d'une lettre de Mlle de Robespierre. Paris, 1841, in-8º.
Louis Du Bois avait recueilli beaucoup de pièces inédites des meilleurs auteurs français. Aussi en a-t-il fourni à Verdière pour ses Œuvres de Thomas; à Brissot-Thivars pour son Mirabeau; à Guillaume pour son Chénier; à Renouard, à Mme Perronneau et surtout à Delangle pour leurs éditions de Voltaire; à Jules Taschereau pour sa Revue rétrospective; au Mercure de France, etc.
D'après une note qu'il nous avait communiquée, il avait en portefeuille plusieurs ouvrages, soit terminés, soit fort avancés dans leur composition, soit enfin à l'état de simple ébauche, savoir:
Origines et histoire des religions chrétiennes.--Encyclopédie des amateurs du café.--Traité du châtaignier, de son bois et de ses fruits.--Traité du sarrasin et de sa culture.--Considérations sur la révolution de 1789, ses causes et ses effets.--Voyage en Italie (en vers et en prose), dont il a paru des fragments dans le Mercure et dans le Moniteur.--Lydie, poème en six chants (en vers de dix syllabes).--Plusieurs petits Poèmes historiques.--Quatre livres d'Élégies.--Les quatre âges de la femme, poème en quatre chants.--Le bonheur, poème.--Inès et Pédre, tragédie en trois actes.--Traduction en vers de petits poèmes attribués à Virgile et à Sévérus.--Manuel du bibliothécaire et de l'amateur de livres.--Un grand nombre de Fugitives.
Nous sera-t-il permis, à présent, de porter un jugement général sur tant d'œuvres qu'il nous est impossible d'apprécier en particulier, sans dépasser les bornes que nous nous sommes imposées? Louis Du Bois a trop écrit et sur trop de matières pour n'être pas sur quelques-unes léger et superficiel. Ses préjugés ont aussi parfois offusqué son intelligence, et ses ouvrages historiques sont parfois gâtés par l'expression de ses principes, qui se ressentent du milieu révolutionnaire dans lequel il a passé ses premières années. Les religions qu'il avait étudiées avec les préventions de Voltaire, son maître, son poète et son philosophe de prédilection, en avaient fait un déiste consciencieux et tolérant dans ses relations privées, mais trop désireux de faire partager ses convictions et prêt à combattre celles d'autrui, la plume à la main. Son style se ressent aussi de la rapidité de ses compositions. En vers, il manque souvent de verve et de coloris, et sa prose n'a pas toujours la correction et l'élégance des écrivains supérieurs. Toujours est-il qu'il se fait lire avec intérêt et profit, car il a souvent du trait; il est instruit, clair et méthodique, et il porte la lumière sur tous les sujets qui l'occupent. Nous ne croyons pas trop dire en avançant qu'il a fait honneur, non-seulement à Lisieux, sa ville natale, mais à la Normandie, sur laquelle il a tant écrit, et à la France qui a demandé aux libraires jusqu'à six éditions de plusieurs de ses traités.
Julien TRAVERS.
Langrune, août 1856.