ABAUMIR: affadir. De l'effet que produisent certaines substances odorantes, comme le baume. C.
ABELLIR. MM. Du Méril assurent que ce verbe est usité dans le département de l'Orne. Je ne l'y ai jamais entendu. Suivant eux, ce mot signifierait: «trouver beau, plaire». C'est le sens que Roquefort lui donne dans son Glossaire de la langue romane. En italien abbellire signifie embellir.
ABET: appât, amorce. Suivant MM. Du Méril, abet est tiré de l'islandais beita, nourriture. Il est plus vraisemblable que c'est par métaplasme qu'on a dit abet pour appet, du verbe français appéter, désirer vivement.
ABÊTER: amorcer; par extension, tromper.
ABIBOTER un enfant: lui faire boire du lait, au lieu de l'alaiter.
ABIÉNER: mettre en bon état une culture, une récolte, une préparation. En roman, abienneur: «l'homme préposé à un bien; qui mettait à bien un héritage», dit Roquefort dans le Supplément de son Glossaire. L.
ABIMER: gâter. Ce verbe appartient aussi au patois Walon et au patois Rennais. Au surplus, c'est dans ce sens figuré que Boileau a dit:
Abîme tout plutôt: c'est l'esprit de l'Église.
ABITER A: toucher à. On écrivait autrefois habiter: témoin ce passage, cité par l'abbé Carlier dans son Histoire du duché de Valois: «Le prêtre disait aux lépreux: Je te défends que tu ne habites à aultre femme que à la tienne.»
ABLET: piége. Roquefort dit que l'ableret, mot roman, est un «filet pour la pêche des petits poissons», tels que les ables ou ablettes.