—Ou d'empêcher le colonel... khrr, khrr... de le transmettre.
—Sans doute, et c'est ce qui vaudrait le mieux, mais...
Il sourit de nouveau et reprit:
—Le petit lieutenant von Bückling... khrr, khrr... s'en chargera. Von Bückling n'a rien à me refuser... khrr, khrr... Je lui parlerai.
—Et vous croyez... fis-je en rougissant...
Je commençais à comprendre. Décidément, le baron Hildebrandt von Waldkatzenbach était plus intelligent que je ne croyais. Je n'aurais jamais osé trouver celle-là!...
—Soyez tranquille, cher ami... khrr, khrr... Von Bückling suffira.
Nous nous séparâmes avec effusion. Je me sentais délivré d'un grand poids.
Le lieutenant von Bückling dut suffire, en effet, car nous n'entendîmes jamais parler du rapport. Deux jours plus tard, Kœnig voyait lever ses arrêts. On attendit. Rien ne se passa.
D'ailleurs, le flot extraordinairement rapide des événements qui suivirent, et sur lesquels j'anticipe quelque peu, fit vite oublier cette affaire. Et comme ce fou de Kœnig eut l'esprit de ne se livrer à aucune nouvelle incartade, du moins avant la dernière, que je raconterai, personne n'y pensa plus.