—Qu'avez-vous, Johann? lui demanda enfin mon père.
—C'est que... pardonnez-moi, monsieur le conseiller de commerce, c'est que, s'il y a la guerre, moi aussi je devrai partir.
—Quel âge avez-vous, Johann?
—Trente-huit ans, monsieur le conseiller de commerce.
—Vous faites partie de la landwehr. Quel est votre corps?
—Le dix-septième, monsieur le conseiller de commerce, celui de Dantzig.
—Alors, c'est contre les Russes, mon ami, que vous irez vous battre.
—C'est que, monsieur le conseiller de commerce, ce sont d'affreux sauvages. On dit que les Cosaques mettent à la broche les petits enfants.
—Eh bien, mon ami, avec une bonne baïonnette au bout de votre fusil, vous serez en mesure de les embrocher à leur tour.
—Quelle horreur! glapit ma mère, toute prête à prendre une crise de nerfs.