—A Magdebourg.
—Qu'allez-vous faire à Magdebourg?
—Je suis appelé pour une période d'instruction militaire.
Ce pouvait être vrai. J'avais, en effet, à accomplir encore, à la suite de ma libération, deux périodes de huit semaines pour être nommé officier de réserve. J'aurais donc pu me contenter de cette explication. Mais me rendant bien compte que ma convocation, dans ce cas, n'aurait pas été libellée de la sorte et qu'il s'agissait certainement d'un appel extraordinaire, je m'écriai tout à coup, saisi d'une émotion trop naturelle et du besoin de mettre de la solennité dans mes adieux:
—Je mens, Dorothéa, ce n'est pas pour une période d'instruction que je suis appelé: je crois qu'il va y avoir la guerre.
—La guerre? s'exclama-t-elle bouleversée. La guerre! Herrgott!
Et s'élançant du côté de la porte, elle se mit à crier:
—Papa! papa! il va y avoir la guerre!...
Je l'arrêtai tout effaré, me souvenant du «strictement secret» de l'ordre de mobilisation.
—Non, non, dis-je, il ne faut pas qu'on le sache... Personne ne doit savoir encore... Je viens secrètement vous faire mes adieux.