—Maman! maman!
Pauline se raidit en un suprême effort. Mais ce fut en vain. Elle retomba brisée sous la masse vigoureuse qui pesait sur elle.
Elle cria.
Facial lui mit son genou sur la bouche.
Quelques instants épouvantables se passèrent, pendant lesquels elle crut mourir, tout son pauvre corps tordu comme dans les spasmes d'une torture.
Enfin, Facial la lâcha.
—Vous êtes libre, dit-il.
Elle se leva d'un bond fiévreux et se précipita à travers l'appartement. Elle en parcourut hâtivement les diverses pièces. Le vide, le vide partout. Marcelin n'était plus là. Dans la salle d'étude, un désarroi de livres et de cahiers... Elle baisa en sanglotant ces objets que son enfant maniait encore quelques minutes auparavant, elle les baisa comme des reliques sacrées, et son cœur de mère éclatait dans sa poitrine... Ses lèvres battaient, ses paupières tremblaient nerveusement; elle répétait le nom chéri, tantôt tout bas, comme une prière, tantôt en appels désespérés écorchant sa gorge en feu. Elle reprit deux ou trois fois sa promenade errante de chambre en chambre, lentement maintenant, anéantie, s'arrêtant à chaque détail qui lui évoquait Marcelin. Lorsqu'elle revint au salon, où Facial attendait qu'elle se fût convaincue de l'inutilité de sa révolte, elle n'avait plus l'air que d'un spectre désolé, d'une statue vivante de l'effroi.
La vue de son mari sembla la glacer d'épouvante. Elle porta ses mains en avant, dans un long geste de répulsion. Quelques mots rauques sortirent péniblement de sa bouche contractée.
—C'est vous... c'est vous...