—Le tout premier.

Quelques soirées musicales, un ou deux bals, où il fut empressé. Ils jouèrent une fois la comédie.

Un jour enfin:

—Mademoiselle Pauline—permettez-moi de vous donner ce nom en une circonstance aussi solennelle—je voudrais vous faire une question, à laquelle je vous prie de répondre avec la gravité qu'elle comporte. Que pensez-vous du mariage?

—Mais, ce que tout le monde en pense, répondit la jeune fille: le mariage est un lien sacré unissant deux personnes qui s'aiment.

—Très bien, et c'est ainsi que je l'entends moi-même. Malheureusement, tout le monde ne pense pas comme nous. Trop de gens ne font du mariage qu'une affaire et engagent leur existence sans engager aussi leur cœur. Les hommes recherchent une dot, une alliance utile à leur carrière: les femmes un nom, l'indépendance, que sais-je? Je ne suis pas plus de ceux-là, que vous n'êtes, je l'espère, de celles-ci. Certes, un mariage doit toujours présenter quelque chose d'honorable pour les deux parties: mais la raison principale de cet acte important ne saurait être que l'amour. Est-ce bien là votre opinion?

—Oui, Monsieur.

—J'en suis heureux, car je ne vous cacherai pas, Pauline, que je vous aime; et si ce sentiment trouve quelque écho dans votre cœur, mon vœu le plus cher serait de vous épouser.

A cette déclaration attendue, Pauline ne se troubla pas trop. De la meilleure foi du monde, elle mit sa main dans celle de Facial et lui avoua que, de tous les hommes qu'elle avait vus jusqu'ici, lui seul avait su lui plaire.

—Vous m'aimez donc! s'écria celui-ci avec une douce joie.