—D'autre part, objectait-on, si M. Réderic était ou avait été l'un de ses amants, la jalousie aidant, bien loin de l'excuser, ne se montrerait-il pas son plus inexorable censeur?

—Précieuse remarque: mais en des cas compliqués comme celui-ci, beaucoup d'éléments échappent. Qui sait si nous ne nous trouvons pas en présence d'un de ces phalanstères du vice, où tous sont liés par le secret commun, et dont cette femme serait l'âme.

On se tut un instant. Les yeux souriaient. Cette idée étrange titillait les imaginations.

Puis, la conversation se porta sur Facial. On ne l'épargna guère non plus.

—Il fallait du sang, dit Mme d'Orgely.

Et les dames approuvèrent. C'eût été plus noble, plus dramatique; elles y eussent mieux trouvé leur compte. Comment M. Facial ne l'avait-il pas compris?

—Pour moi, dit la baronne, un galant homme ne doit pas supporter un pareil affront sans en tirer vengeance. Le divorce ne répare rien. Il faut tuer...

—Qui?

—L'amant, répondit-elle après avoir réfléchi. Voudriez-vous, par hasard, que ce fût la femme? C'est aux hommes de se tuer pour les femmes. Tout au moins, un duel sérieux est-il d'obligation. On divorce après, si l'on veut; ou mieux, l'on se sépare: car le divorce est de mauvais genre.

—Et vous, Madame, êtes-vous pour le meurtre ou pour le duel? demanda Mme d'Orgely à Mme Sermais.