—Il faut partir, dit-il, il faut que nous soyons loin demain matin. Une fois en sûreté, à l'étranger, nous pourrons engager des pourparlers avec M. Facial et obtenir qu'il renonce à ses droits.
—Le prochain rapide de Paris n'arrive que demain soir, dit Pauline; nous avons donc beaucoup d'avance, à supposer même que l'on soit déjà sur la bonne piste.
—Et le télégraphe! fit Odon. Qui sait si en arrivant à la frontière nous ne trouverons pas la police prévenue! Nous courrions peut-être moins de risque en partant par Marseille, où nous nous embarquerions pour Gênes ou Naples.
—Cela exigerait plus de temps; et si la police est prévenue, elle le sera aussi bien à Marseille qu'à Menton.
On s'arrêta au projet suivant: on déguiserait Marcelin en petite fille; lui et Odon prendraient le premier train pour Vintimille; Pauline les rejoindrait quelques heures après. De cette façon, il y avait toute chance, en cas que la police eût des ordres, pour que les voyageurs ne fussent pas reconnus.
Ils allaient se sauver comme des malfaiteurs.
Marcelin, cette fois, se déconcerta:
—Mais quel mal est-ce que j'ai commis? Ne suis-je pas libre de rejoindre ma mère, puisque c'est avec elle que je veux vivre? Et si elle veut me garder, n'est-elle pas libre de le faire?
—Tu ne connais pas la société, dit Odon: elle a fait des lois qui donnent à M. Facial le droit de te priver de ta mère.