—Quelle belle journée! fit-il. Il faut croire que ce pauvre Derollin avait invité le soleil à son enterrement. Cette promenade m'a fait du bien.
—Y avait-il beaucoup de monde?
—Oui, oui: Derollin avait des amis. J'ai vu Sénéchal. Nous avons causé pendant le trajet. Mon affaire va très bien. Je compte figurer à l'Officiel au nouvel an. Il y a déjà longtemps que j'en ai assez de cette petite fioriture, dit-il en envoyant une chiquenaude sur sa boutonnière, où était noué un ruban de chevalier: c'est le moment de remplacer ça par une rosette.
Facial se mit à raconter par le menu sa journée. Il s'extasia sur le déjeuner qu'il avait fait, avec Sénéchal, à la sortie du cimetière, dans un cabaret du boulevard Montparnasse.
—Il y a des coins ignorés dans Paris!
Les huîtres, le perdreau, le fromage, tout s'était trouvé exquis. On avait servi un cassoulet provençal dont il se pourléchait encore les lèvres. Et quel Chambertin!
—A propos, dit-il négligemment, une nouvelle qui vous intéressera peut-être: les journaux annoncent la mort de M. de Hartwald, décédé à Constantinople... Vous savez, ce M. de Hartwald qui a été ici secrétaire d'ambassade et qui, pendant quelque temps, venait assez souvent chez nous.
—Pauline pâlit. Une violente émotion serra ses tempes. Un instant, tout tourna dans sa tête. Puis, brusquement, elle sentit que des larmes allaient jaillir.
III
Le rideau se levait, lorsque Facial et Pauline arrivèrent. Ils trouvèrent dans la loge M. et Mme Chandivier déjà installés. Pauline prit place à côté de Julienne, tandis que Chandivier, après un rapide serrement de main à Facial, lui soufflait dans l'oreille: