VI

Le surlendemain, Facial partit pour la journée. A peine fut-il loin, que Pauline l'avait oublié, toute aux événements qui se préparaient. Mais à mesure que les heures s'avançaient, elle devenait anxieuse, le doute naissait dans son esprit, le doute du bonheur, la conviction de plus en plus croissante que ce qu'elle avait rêvé n'était qu'un rêve dément et demeurerait un rêve.

Pour calmer sa fièvre, elle appela Marcelin au salon. Elle le couvrit de baisers. Puis une idée étrange lui passa par la tête: pourquoi ne montrerait-elle pas à M. de Rocrange cet enfant qui faisait sa gloire et sa félicité? Elle était comme les personnes simples qui s'empressent d'étaler ce qu'elles ont de plus beau pour attirer l'attention et mériter les éloges de ceux dont elles désirent l'amitié.

—Nous allons avoir une visite, dit-elle tout émue à son fils.

—Qui ça? La marchande de gâteaux?

—Non, un monsieur.

—Comment s'appelle-t-il?

Pauline hésita. Elle n'osait pas prononcer ce nom devant Marcelin, qui allait le répéter enfantinement, comme celui de n'importe qui.

—Tu sera bien poli avec lui.