«Comment lui expliquer? Comment réparer cette faute?» se demandait Pauline désolée.

Ce fut l'enfant qui les tira de peine.

Se souvenant que sa mère lui avait recommandé d'être poli, poussé aussi par cette sympathie irraisonnée que les enfants éprouvent pour les personnes qui leur plaisent, et qu'ils n'hésitent pas parfois à manifester à brûle-pourpoint, il s'écria, en regardant Odon bien en face:

—Je vous aime beaucoup.

—Vraiment, mon enfant? dit Odon radouci. J'en suis très touché. Mais pourquoi m'aimez-vous?

Marcelin réfléchit un instant, puis répondit posément:

—Parce que je vous aime.

Odon sourit.

—Admirable réponse, quand on y songe! ne put-il s'empêcher d'observer. Et, en effet, il n'y a que celle-là à faire. Les enfants ont parfois de ces mots d'une logique primitive et pleins de sens, que les grandes personnes seraient en peine de trouver.

Pauline sourit aussi, ravie de ce que les choses s'arrangeaient.