—Mon mari va une fois par an chez ma tante; celle-ci, qui est paralytique ne sort jamais. D'ailleurs, comme elle est quelque peu faible d'esprit, si par hasard, il arrivait qu'on la questionnât, elle ne se souviendrait exactement de rien, embrouillerait tout et l'on ne pourrait tenir aucun compte de ce qu'elle dirait.
—Et votre cocher?
—En arrivant chez ma tante, j'ai renvoyé le cocher et je lui ai donné l'ordre d'aller se mettre à la disposition de mon mari. Celui-ci à qui j'avais proposé la voiture pour la soirée, m'a su grand gré de cette attention. Je suis venue chez vous en fiacre.
—Vous êtes très habile, dit Odon.
Ni l'un, ni l'autre ne souriaient. En constatant l'habileté de sa maîtresse, Rocrange éprouvait presque un sentiment de malaise. Cette femme si pure, si noble, si chère lui paraissait diminuée, comme ravalée à quelque niveau indigne d'elle. Et Pauline ne se dissimulait pas sa déchéance. Que faire? Son habileté était cependant nécessaire: l'inquiétude d'Odon à s'informer de sa sécurité en faisait foi. Que serait-elle devenue sans cela?
Une larme jaillit de sa paupière.
Cette larme fit plus que bien des paroles. Instantanément, le cœur d'Odon retombait fondu d'amour et d'adoration à ses pieds.
—Ne pleure pas, murmura-t-il plein de pitié, ne pleure pas, je t'aime.
Ils se dirent adieu en jurant de se revoir ou de s'écrire chaque jour.
Facial n'était pas rentré.