—Est-ce que vous êtes poëte, monsieur le comte?
—Hélas! non, madame, je suis diplomate.
—Vous venez de rendre avec une image heureuse une idée trop flatteuse peut-être pour mes compatriotes. Je ne sais pas si elle est tout à fait vraie, mais je voudrais qu'elle le fût.
—Cependant, reprit Georges en attachant sur elle un regard qui ne dissimulait pas assez son admiration vive, il y a des beautés tellement radieuses, qu'il serait peut-être injuste de les vouloir réduire au simple rôle d'étoiles; elles auraient le droit de se plaindre.
—C'est qu'elles ne seraient pas raisonnables, dit la comtesse en riant; car il serait difficile, même à une femme, d'aller plus haut.
—Après cela, fit Georges en relevant les yeux, ces chastes étoiles, on est souvent plusieurs à les regarder d'en bas.
—Et elles n'en savent rien! reprit Christine avec un fin sourire.
—C'est un malheur de plus, madame.
—Pour qui? pour les étoiles?
—Non, pour ceux qui les regardent.»