—Non: une perle; elle en a les douces lueurs.
—Soit! mais dites-le plus bas, car la voici.»
La comtesse, en effet, traversait le salon au bras de l'homme qui venait de demander son traîneau.
«Qui donc est avec elle? fit Georges au chevalier.
—C'est le major baron de Vendel: cinquante ans, mais le cœur jeune; un peu gros, mais parfaitement distingué; l'ami de la maison.
—Ah?
—Non pas comme vous l'entendez.
—Un cousin?
—Point. Un soupirant, mais pour le bon motif, comme vous dites en France; du reste, un vrai héros de roman.... une âme délicate et chevaleresque. Il se jetterait au feu ou à l'eau pour la comtesse. En attendant, il vient de faire la campagne des Duchés, où il a gagné de la gloire, deux blessures et une décoration, en se battant comme volontaire pour le Danemark.»
La comtesse en ce moment passait devant les deux jeunes gens, qui causaient dans l'embrasure d'une fenêtre. Ils s'inclinèrent devant elle. Le major salua, non sans hauteur; Georges se redressa vivement sous son regard. Mais les yeux de Christine s'arrêtèrent sur les siens, et il ne vit plus qu'elle. Elle sourit doucement au chevalier de Valborg.