Le désir monte en moi comme un mauvais soleil.
Oui, mauvais soleil, mauvais désir, qui font se ruer les foules et placent l'homme guettant l'homme en embuscade.
Gregory poursuit sa fouille. Il a trouvé sous le gilet un portefeuille ; il l'éventre d'un coup de couteau… Des feuillets tombent avec une photographie… Les feuillets? L'un d'eux dit la joie prochaine du retour après les rudes heures. La maison attend. Elle est là, la maison ; parmi les arbres du jardin, au milieu duquel se trouve une jeune femme au front grave avec, à la main, un gros garçon joufflu aux grands yeux étonnés. Au fond, les yeux rieurs sous des lunettes, une bonne vieille qui tient une gazette sur ses genoux.
« Back home in Tennessee » chantiez-vous, Gregory Land, tout à l'heure… En voilà un qui ne retournera pas au foyer, dont il ne goûtera plus jamais les joies. Les Christmas passeront et la femme inquiète, frissonnant au moindre bruit, espérera vainement contre toute espérance.
C'était pour donner plus de bonheur à ce foyer qu'il était parti plein d'audace. La vision de ce toit, de ces arbres, de ces êtres follement aimés, lui soutenait le cœur contre toute défaillance aux soirs mornes où l'âme est peureuse sous le grand souffle des vents qui descendent du pôle.
Il avait peiné, il avait souffert, pour que vous ayez du mieux-être et il revenait, comptant les étapes, un refrain aux lèvres : « Back home in Tennessee… »
… Et la chanson poursuit :
The roses round the door
Make me love mother more ;
I'll see my sweetheart Flo.