Les apôtres racontaient en diverses langues les merveilles de Dieu.

Ceux qui sont courbés devant vous, Seigneur, dans cette misérable église, perdue sous le cercle polaire, sont des apôtres selon votre désir. Ils ont appris les dialectes les plus abandonnés pour pouvoir apporter votre parole aux plus déshérités de vos enfants.

L’abbé Lecorre demande au Paraclet l’inaltérable onction de l’âme.

Après l’Evangile, Monseigneur dépose le manipule et parle au récipiendaire.

Il le connaît, c’est lui qui l’a pris jeune sous-diacre du diocèse de Vannes pour le conduire aux lointaines missions. Il l’a ordonné prêtre. Il va le consacrer Oblat. Mais avant a-t-il bien réfléchi à l’acte qu’il va faire ? Est-il sûr de son cœur ? La grâce est-elle en lui ?

Et lorsque Monseigneur a communié, sous la conduite du Père Petitot, l’abbé Lecorre s’avance. Dans sa main droite, il tient un cierge allumé, symbole de sa foi ardente, dans sa main gauche, la formule d’oblation qu’il a écrite lui-même.

Alors, tandis que le célébrant élève la Sainte Hostie au-dessus du ciboire, lorsqu’il a prononcé pour la troisième fois : Domine non sum dignus, le jeune missionnaire récite la formule :

— Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, en présence de la Très Sainte Trinité, de la Bienheureuse Vierge Marie, de tous les anges et de tous les Saints, et de vous, mes Frères, ici réunis et devant vous, mon très Révérend Père, délégué par le Supérieur général des Missionnaires Oblats de la Très Sainte et Immaculée Vierge Marie, qui me tenez la place de Dieu.

« Moi, Auguste Lecorre, fais profession, promets à Dieu et fais vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance perpétuelle. Je jure et fais pareillement vœu de persévérer jusqu’à la mort dans le Saint Institut et la Société des Missionnaires Oblats de la Très Sainte et Immaculée Vierge Marie.

« Ainsi Dieu me soit en aide. Ainsi soit-il. »