Puis il entonne d’une voix cassée, mais qui sonne dans mon cœur comme un chant d’allégresse, l’hymne de foi :

O Canadien, fils de la noble France,

Réveille en toi l’ardeur des anciens jours…

… Mon sommeil a été peuplé de rêves familiers. Au matin la marmaille m’éveille.

Les voici tous autour de moi, moineaux vifs et piailleurs.

Le père, le grand-père, les aînés sont en forêt, défrichant à la cognée la terre nordique. Là, demain, le blé viendra, l’orge, l’avoine, les patates aussi.

La gelée, la grêle, qu’importe ! A force de labeur, les Canadiens arrachent au sol ses précieuses richesses.

La mère s’active à la maison, préparant la soupe des hommes.

On frappe. La servante va ouvrir, puis revient aussitôt.

— Qui est-ce ? demande l’hôtesse.