Ils ont suivi Cabot, Pizzaro, Pinçon, Cartier, Vespucci, Colomb, Champlain, Gama, Cavelier de la Salle, tous les grands découvreurs de terres inconnues, tous ceux qui, pas à pas, dans la douleur et dans la joie, enfantaient un monde, reculant toujours plus loin les limites des connaissances humaines.
Ils accompagnaient le Père Marquette sur le Mississipi, de Querguelen aux mers du Sud, de Lesseps à Suez, Lyautey au Maroc.
Les charniers de Chagres et de Colon ont vu finir leur course.
Ils ont péri dans les ravins de la Sierra.
Leurs os blanchissent dans les déserts de l’Utah et du Colorado.
Ils sont partis, un jour, dans la Pampa, et ne sont jamais revenus.
La jungle s’est ouverte devant eux qui les a dévorés vivants.
La forêt guyanaise a mélangé leur poussière aux chaudes pourritures amassées par les siècles.
Ils ont disparu dans l’énigme religieuse des Indes, dans les passes du Thibet, dans les steppes mongols.
Ils ont eu le vomito-négro à Caracas, la fièvre jaune à Rio, la peste à Malacca.