Quelques jeunes garçons nous accompagnent pour nous faire honneur, certes, mais aussi pour avoir le plaisir de caracoler devant les filles qui nous regardent partir.
Au premier détour, ils nous saluent et tournent bride.
Nous suivons la vallée de la Blanda (le fleuve blanc) qui doit nous mener à Blondüos, un port minuscule qui range ses quelques maisons sur les bords mêmes de l’océan Glacial.
VI
UNE ROSE SUR UN ROSIER
A l’est de Vatnsnes, il est une large échancrure taillée dans la côte nord de l’Islande : c’est le Hunafjordr.
De hautes cimes arrêtent ses rives à l’est et à l’ouest ; tandis qu’au sud s’étend une plage basse formée d’alluvions.
Par vent de terre, les navires peuvent mouiller, mais lorsque les vents du nord soufflent, le refuge est incertain, dangereux même. Les glaces y sont fréquentes. C’est là qu’est Blondüos, à l’embouchure de la Blanda, havre minuscule et peu accueillant ; sa rade est foraine, on en voit de dures par vent de sud-ouest ; mais, à la belle saison, on mouille par dix-sept mètres, la tenue est bonne, la mer pouvant être longue, mais jamais très haute.
Cependant, la Blanda a des roches à fleur d’eau et il y a une barre.
Fermant l’horizon, à gauche, une jolie ligne de montagne blanche et bleue.