La descente sur Thingvellir est grandiose. C’est une immense tranchée basaltique qui se casse à pic soudain pour faire place à la plaine de l’Althing, aux eaux calmes du lac Thingvallvatn. Un lac qui, à cent deux mètres au-dessus du niveau de la mer, se hérisse de cônes volcaniques et reflète sur sa rive l’image de son église minuscule.
A l’horizon, un volcan noir et blanc.
Plaine de l’Althing, où dorment les grands souvenirs de l’histoire islandaise.
Isolés, les descendants des compagnons d’Ingolf voulurent se grouper.
Il fallait un emplacement pour réunir l’assemblée. L’homme-qui-avait-des-chaussures-en-peau-de-mouton découvrit cette plaine.
De tous les coins de l’île les fermiers arrivèrent, et, la muraille de basalte formant écran, le peuple entendit des paroles de concorde et de paix.
Elle est là la tribune naturelle où s’élaborèrent les lois. C’est là qu’est née la République à l’aube du Xe siècle.
C’est là, devant ces monts farouches, que les paysans revinrent, tous les douze mois, discuter leurs affaires, qui étaient celles du pays. C’est là qu’en l’an mille les vieux dieux nordiques s’effacèrent devant la pâle figure du « doux charpentier dont la parole était de miel ».