Le douanier reprend sa somnolence.

Sous un soleil de feu, le cargo est une bête lasse. La peinture craquelée fait croire à des écailles.

Les eaux de la Garonne paraissent figées. Dans le hérissement des mâts, pas une flamme ne bouge.

Je suis debout, sur le quai, mon sac en toile brune à mes pieds ; sur mon dos, dans sa gaine de cuir, mon appareil de prise de vues. Vais-je rester longtemps à jouer les marins attardés ?

— Ohé ! de l’Yport ?

Je compte vingt secondes et grogne :

— Ils roupillent tous dans leur boîte à sardines. Quel bazar !

D’un mouvement d’épaules, je remonte la courroie, recharge mon sac et fais demi-tour.


Un bar est là, accueillant. Ah ! la bonne bière rafraîchissante. Je bois, les paupières closes, humant la mousse.